Scan 3d et rétroconception d'un chassis de véhicule de collection
Une association de préservation du patrimoine automobile nous a confié un projet peu banal : numériser le châssis d'une voiture de collection des années 70 pour en reconstruire un modèle CAO propre, réutilisable pour de la refabrication. Le problème de départ résume bien toute une catégorie de pièces anciennes : il n'existe aucun fichier, aucun plan exploitable. Juste une pièce physique qui vieillit. Voici comment on procède, concrètement.
Un chassis de 50 ans
Notre mission : aider une association de passionné(e)s spécialisés dans la conservation du patrimoine automobile. Sur une voiture des années 70, il n'y a pas de .step qui traîne dans un dossier et tout le monde y va de sa petite interprétation quand il s'agit de faire des reproductions.
C'est exactement le cas d'usage où le scan 3D prend tout son sens. Plutôt que de partir d'un plan qui n'existe pas ou de prendre des références sur un modèle existant mais peut-être imparfait, on part de la géométrie réelle d'un modèle "étalon". On numérise l'existant, puis on reconstruit un modèle propre à partir de cette capture.

Le scan au NimbleTrack : capturer la géométrie réelle
Pour ce châssis, on a utilisé notre scanner 3d NimbleTrack, un scanner à tracker optique de la gamme SCANOLOGY. Le principe : un tracker suit la position du scanner dans l'espace, ce qui permet de numériser une grande pièce sans avoir à coller des cibles partout sur sa surface. On garde ainsi la pièce propre et on gagne du temps de préparation.

Le scan se fait sans contact. On tourne autour de la pièce, y compris dans les zones difficiles d'accès d'un châssis (renforts, longerons, recoins), et le scanner capture la surface au fur et à mesure.
Le résultat de cette étape, c'est un maillage : une représentation numérique dense et fidèle du châssis réel. Utilisable, mais pas encore exploitable pour de la fabrication. Il faut le retravailler.

Du nuage de points au fichier CAO
Le scan 3d a été retravaillé sous DefinSight Model (base QuickSurface), le module de rétro-conception disponible dans l'écosystème SCANOLOGY. C'est l'étape qui transforme une donnée brute de scan en un vrai modèle CAO : des surfaces propres, une géométrie reconstruite, un fichier .step que n'importe quel bureau d'études peut ensuite ouvrir, modifier et envoyer en production.
La différence est importante. Un nuage de points, c'est une photo 3D de la pièce. Un modèle CAO, c'est un plan reconstruit, propre et standardisé.
Ci-dessous en bleu le scan 3d, en vert et rouge la rétroconception surfacique

Numériser, c'est conserver
Au-delà de ce châssis précis, l'enjeu est plus large. Une pièce scannée ne rouille pas, ne se perd pas, et peut être refabriquée dans dix ou trente ans à partir du fichier. Pour le patrimoine automobile et industriel, le scan 3D permet un archivage numérique : on conserve la géométrie exacte d'une pièce même si l'original finit par disparaître.
C'est une logique qui dépasse le seul secteur de la collection. Toute entreprise qui détient des pièces anciennes sans plan, ou dont les fournisseurs d'origine ont disparu, se retrouve tôt ou tard face au même problème. Le scan 3D et la rétro-conception apportent une réponse concrète : reconstituer un patrimoine technique exploitable à partir de l'existant.
En résumé
Sur une pièce ancienne sans plan, la méthode tient en trois temps : on numérise la géométrie réelle au scanner 3D, on reconstruit un modèle CAO propre en rétro-conception, et on obtient un fichier refabricable et archivable durablement. C'est ce qu'on propose au quotidien chez TRISKAN, sur des pièces automobiles comme sur des pièces industrielles.
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